Dimanche 18 juin 2006
Je reprends mon activité de bloggeur avec un nouveau blog et une nouvelle adresse : http://www.surmaroute.net Vous y trouverez les articles en ligne ici et de nouveaux, en particulier de nouvelles galeries photos.

Mon blog over-blog restera en ligne mais ne sera plus mis à jour.

A bientôt sur surmaroute.net !
Par Lesguillier - Publié dans : laustralieenkangourou
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Mardi 28 juin 2005

Aujourd'hui je suis allé me promener sur l'île de Lantau, la plus grande de l'archipel de Hong Kong. J'ai pris le ferry pour profiter de la vue depuis la mer. La ville prends une autre perspective. Quand on est dans les rues on se rend bien compte que la densité de personne au m² est effrayante, mais vu de la mer on en prend encore mieux conscience. Des centaines d'immeubles, alignés par blocs de 6 ou 7, ayant entre 15 et 50 étages. Des milliers de petites fenêtres toutes identiques. De vrais cages à poules.

Sur le ferry, je me suis rendu compte que l'agitation n'avait pas seulement lieu que sur la terre ferme. La baie est un vrai petit monde ! D'ailleurs toute la baie est carrément un port. Pourtant il y a un port de commerce (même deux si j'ai bien vu) mais apparement ils ne suffisent pas à absorber le flot de marchandises qui transite ici. Alors les porte-container mouillent au milieu de la baie et de plus petites unités viennent les décharger là, au milieu du trafic des ferry. Pas loin non plus ce sont les ravitailleurs de gasoil qui attendent leurs clients. Le trafic est effrayant, je suis sur un ferry classique, qui prend son temps (sûrement parce qu'il n'a pas le choix) pendant que d'autres le double à deux fois sa vitesse, qui sur des foils, qui avec deux réacteurs boing aux fesses. Sûrement que tout le monde n'est pas en vacances.

J'arrive sur l'île de Lantau. Si je suis venu là c'est pour voir la statue géante de Buddha qui se trouve quelque part dans les montagnes. Un bus emmène les touristes jusque là haut. J'embarque sans savoir que le gars assis dans le siège du chauffeur et qui me regarde monter avec un grand sourire n'est autre que le fils spirituel de Schumacher. Complètement barré le mec. C'est une route de montagne très très sinueuse, ça monte, mais ça descend aussi et apparement c'est dans ces moments là que son métier l'amuse vraiment. Moi pas du tout. En plus y'a des travaux tous les kilomètres pour « empêcher les glissements de terrain ». Rassurant, surtout pendant la mousson. J'arrive vivant !

L'endroit est magnifique, la statue du Buddha a été édifiée sur une crête, on a ainsi une vue panoramique sur les montagnes alentour et par endroit la mer. La statue est la plus grande de sa catégorie (oui, ça ne rigole pas, c'est comme en boxe, y'a des catégories). Lui c'est le champion en « assis, extérieur et sans chaussettes » avec 26 mètres de haut et 202 tonnes de bronze ! L'équivalent d'un immeuble de 9-10 étages. Et en effet il est très impressionnant. Un escalier mène jusqu'à son socle. Après avoir fait le tour et cramé quelques pellicules digitales je pénètre à l'intérieur. Il y a une exposition et surtout, une des 84 000 reliques de cendres du Buddha. Là par contre, photos interdites, vous vous déplacerez vous-même :-)

Je redescens et continue ma visite avec le monastère de Po Lin. Il y a plusieurs temples dans lesquels se trouvent des autels avec de magnifiques statues dorées et des scultures de pierre et de marbre.

J'ai prévu de faire une marche pour redescendre vers un autre port mais comme je me suis beaucoup attardé il est déjà tard. Je décide d'y aller quand même. Après avoir suivi un sentier bétonné j'arrive à une arche qui indique le début d'un sentier de randonné. Je suis pas franchement sûr de moi. J'ai eu du mal à trouver ce sentier et tout ce que j'ai comme information c'est un guide des promenades fournit par l'office du tourisme. Devant moi s'étendent des montagnes, des nuages et une forêt. Je trouve un panneau et des indications, c'est en fait un vrai sentier pour randonneurs et je ne suis pas vraiment bien équipé, les manches courtes et shorts sont interdits à cause de la deng. Il est 17h et c'est la mousson, pas franchement le moment de s'aventurer tout seul dans un truc pareil. Entre les moustiques mangeurs d'hommes et Schumacher le choix est difficile... je décide de faire demi-tour.

Par Lesguillier - Publié dans : laustralieenkangourou
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Lundi 27 juin 2005

Je finis ma première journée à Honk Kong. C'est un dépaysement total ici. C'est l'Asie : il fait chaud et humide, il y a du monde partout, tous asiatiques, je ne comprends rien à ce que les gens disent ni à ce qu'ils écrivent. Je suis complètement étranger, maintenant c'est moi qu'on regarde bizarrement.

Je suis arrivé hier soir après 8h d'avion. Je prends le bus pour rejoindre l'île de Hong Kong. Hong Kong est une archipel d'îles plus un territoire sur le continent, les îles de Hong Kong et Lantau sont les plus importantes. La ville de Hong Kong s'étend en grande partie sur la partie nord de l'île de Hong Kong mais aussi sur la partie continentale qui lui fait face. Mon bus me dépose à Causeway Bay qui est à l'est de la ville. Le chauffeur m'indique le building dans lequel se trouve mon hôtel. Je fais un petit tours et me rend vite compte que malgré tout ça ne va pas être facile de le trouver. Il y a une véritable forêt d'énormes enseignes lumineuses partout mais pas de signe d'un hôtel.

 

Je me rends à l'adresse exact et toujours rien, je suis devant une entrée d'immeuble normale. Je rentre et demande au concierge qui me confirme que c'est ici, au 3e étage. Je monte et en effet il y a une enseigne au bout du couloir. Ma chambre est dans un autre immeuble où on me conduit, là, pareil, rien d'indiqué. La chambre est vraiment pas grande mais c'est plutôt clean, j'ai une télé, une salle de bain et un grand lit. Particularité : il n'y a pas de fenêtre. Tant pis, je m'en passerai. Dans le même couloir que mon « hôtel » il y a aussi un magasin de fringue... ça fait bizarre vu que c'est un immeuble type HLM et que rien ne l'indique d'en bas mais après tout pourquoi pas. Une boulangerie française ça aurait été mieux mais j'en demande peut-être trop.

Ballade de nuit en ville. Les magasins sont ouverts jusque tard alors j'en profite pour voir les prix de l'électronique. Ce n'est pas cher, j'en profiterai.

 

Il faut aussi que je trouve quelque chose à manger mais là ça se corse, je cherche un petit truc pas cher et chinois. Tout ceux que je trouve n'indique rien en anglais alors je n'ose pas rentrer. Finalement je me laisse tenter par du porc barbecue avec du riz dans un petit boui-boui. Le serveur m'installe à une petite table (où il y a déjà quelqu'un d'assis) et me sers dans la seconde. J'ai aussi du thé gratuit et à volonté. On me donne deux baguettes et une cuillère chinoise, heureusement que j'ai de l'entrainement. Je m'en sors pour 19 HK$ soit 1,9 €.

Aujourd'hui je me suis promené pendant 8h dans la partie ouest de la ville. J'ai pris le tramway pour aller jusque là-bas. Le tramway est sympa parce qu'il est à deux étages et pas cher du tout (20c d'euros pour aller n'importe où). Ma visite est une grande promenade à travers tout plein de rues typiques remplies de petites échoppes. Je commence par les échoppes de ginseng et « Bird Nest ». Les bird nest sont apparement de vrais nids d'oiseau importés d'Indonésie. On les mange bouilli dans des soupes. C'est un met de choix qui est censé apporter longévité à celui qui le consomme. Ensuite c'est la rue des produits de la mer séchés, ce n'est plus la même odeur ! Il y a de tout, des crevettes, des moules, des poulpes, des filets de poisson, des poissons entiers, des ailerons de requin etc... Le champion semble être l'abalon, c'est un molusque visiblement mais je n'en sais pas plus, à part qu'il est très cher.

 

Je bifurque dans la rue des herbes médicinales. Là ce sont toutes sortes de plantes, racines, écorse séchées qui sont exposées. Les échoppes sont plus raffinées. Je traverse ensuite le quartier des antiquités puis m'arrête dans un temple taoïste. L'ambiance est particulière, il y a peu de lumière, des petits autels d'offrandes un peu partout sur lesquels sont disposés des statues de dieux. Ce temple est dédié à ceux de la guerre et de la litérature, drôle de couple ! Les gens font brûler des batons d'encens, il y en a des centaines un peu partout. Il y a aussi des serpentins géants pendus au plafond, des messages de prières sont inscrits à l'intérieur.

 

Je décide d'aller manger, même genre de boui-boui que la veille. Toutes les tables sont prises donc je m'assois en face d'un gars. Cela n'a pas franchement l'air de le réjouir, il plie ses affaires et s'en va à une table vide que je n'avais pas vu. Apparement il fait savoir au patron qu'il n'est pas content, en tout cas c'est ce que je comprends. Moi qui essayais de ne pas attirer l'attention, c'est réussi.

Je continue en passant dans la rue des magasins d'appareil photo. Je ne me laisse pas tenter, de toute façon je ne peux rien porter de plus. Je retourne ensuite vers le port pour essayer de voir la vue sur la partie continentale mais finalement ce n'est pas vraiment possible à cause des travaux qu'ils font pour construire une grande promenade. J'arrive quand même à trouver un endroit. En face on peut voir des grandes tours par dizaines, sûrement de plus de 50 étages et qui sont visiblement des habitations. C'est vraiment de l'empilement.

 

A ce niveau comme à tant d'autres, le contraste avec Sydney est total. Pourtant Hong Kong a été possession anglaise pendant 150 ans, à peine 50 ans de moins que Sydney, et pourtant les deux villes n'ont rien à voir. Hier soir j'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à trouver un bar, c'est dire.

Pour plus de photos, consultez l'album (lien en haut à gauche).

Par Lesguillier - Publié dans : Hong Kong
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Lundi 16 mai 2005

Au petit matin je quitte Melbourne, je pars pour un bus tour de trois jours le long de la Great Ocean Road, puis au travers des Grampians, avec pour destination finale Adelaide.

 

Ce genre de voyage est une formule très populaire en Australie : un mini bus de 20 personnes rempli de joyeux backpackers, un chauffeur pas plus âgé que le reste et qui fait aussi guide, animateur et même cuisinier et c’est partit pour avaler des kilomètres parsemés de paysages plus extraordinaires les uns que les autres. Bien sûr il s’agit aussi de rencontrer des gens d’un peu partout sur la planète et de faire la fête, sinon c’est pas aussi drôle.

 

J’ai un peu de mal à trouver le point de rendez-vous mais je fini par trouver le bus. Après avoir embarquer tout le monde nous prenons la route. Je fais connaissance avec mon voisin, Jorge, un allemand qui étudie à Melbourne. Il est super sympa et on discute pendant un bon moment, ça commence bien. On jette de temps en temps un coup d’œil sur la mer que nous longeons depuis notre départ de Melbourne.

 

Premier arrêt : Bell’s Beach, à environ 70 km à l’ouest de Melbourne. C’est une plage mythique de l’histoire du surf, lieu de la première compétition professionnel de surf au monde qui eu lieu en 1962. Pour les fans de « Point Break » c’est la plage ou Patrick Swayze surf la vague du millénaire à la fin du film. (En fait ils ont tourné la scène du film à Hawaï mais c’est prétendument à Bell’s Beach que la scène se passe.)

 

La plage est encaissée entre deux pointes et adossée à une haute falaise de pierre jaune sable. Malgré l’heure matinale des dizaines de surfeurs sont déjà à l’œuvre et de nombreux autres sont sur le point de se lancer à l’assaut des vagues. La plupart d’entre eux ont entre 40 et 60 ans, comme quoi le surf n’est pas un sport de jeunes cons rebels mais bien une religion nationale. La mer est on ne peut plus calme mais les vagues font quand même 2 m et déferlent sur une bonne centaine de mètres de façon très régulière. Vraiment parfait pour le surf, en effet. Je prends quelques photos des surfeurs avec mon télé.

 

On reprend le bus pour atteindre peu après l’endroit où la Great Ocean Road commence réellement. Un portique surplombant la route en indique le commencement. On s’arrête pour en apprendre un peu plus. La Great Ocean Road a été construite juste après la guerre de 14-18. Les australiens ne sachant que faire de tout ces vétérans sans travail revenus d’Europe décident de lancer un grand projet : une route le long de la côte sud de l’Australie entre Melbourne et Adelaide qui relierait les villages de pêcheurs alors uniquement accessibles par la mer mais aussi qui attirerait de nombreux touristes et permettrait le développement de stations balnéaires le long de la côte. Plus de 3 000 vétérans travaillent à coups de pelles et de pioches pendant 14 ans pour venir à bout du projet. Certains n’auront résisté à la guerre que pour mourir sur le chantier. La route parcours plus de 600 km de côte le plus souvent à flan de falaise et offre certains des plus beaux paysages côtiers d’Australie.

 

Nous commençons par longer la partie de la route surnommée la « surf coast ». Nous commençons par nous arrêter à Torquay, ville où furent fondées les plus grandes marques actuelles de vêtement de surf : Quiksilver, Rip Curl dans les années soixante. De jeunes surfeurs cherchent alors à se faire un peu d’argent pour continuer à passer leur vie à surfer. Ils design des shorts de surfs qu’ils revendent à d’autres surfeurs. Et c’est comme ça que le business est parti.

 

Nous continuons à longer la mer. Nous faisons un stop un peu spécial sur un petit chemin en terre, tout le monde descend du bus et nous commençons à regarder dans les arbres, des eucalyptus, à la recherche de Koalas. Et il y en a un peu partout à cet endroit qui dorment tranquilou à 15 mètres de hauteur accrochés à une branche. L’un d’entre eux est très près de la route et très réveillé, bonnes photos.

 

Nous reprenons le bus. Nous sommes maintenant sur la « shipwreck coast ». De très hautes falaises bordent la mer sur des kilomètres. L’eau est plus blanche que bleu tellement les vagues déferlent sur de longues distances. On ne sent pas de vent mais la mer lève tout de même de gigantesques nuages d’embruns qui partent à l’assaut de la roche. C’est très impressionnant. On se sent vraiment petit. Le long de cette côte on recense plus de 700 naufrages pour la très grande majorité des navires de colons victimes d’une zone de navigation dangereuse et très peu connue. Une malchance fatale alors qu’ils arrivaient au bout d’un voyage de plusieurs mois.

 

Cette côte est très particulière car la roche qui la compose est très friable et continuellement attaquée par l’océan. La falaise est découpée petit à petit par la mer qui y trace des courbes, des arches, des criques et en découpe des morceaux comme ces pythons rocheux de plus 70 mètres de haut que vous pouvez voir sur les photos. A un certain endroit, une douzaine d’entre eux sont alignés à cent mètres de la falaise. Ce sont les douze apôtres. Nous sommes là pour le coucher de soleil. Le décor est absolument majestueux, la mer et la roche s’embrasent.

 

Nous passons la nuit dans une maison rien que pour nous, avec tout le confort. Nous nous préparons un super chili con carne avec nos réserves de nourriture car tout est planifié à merveille. La soirée est longue et tout le monde fait plus amples connaissances. On repart tôt le matin. Nous retournons au 12 apôtres pour les voir de jour.

 

Le « tour operator » a négocié pour nous des tarifs canons pour un tour en hélico au dessus des 12 apôtres, je fais mon baptême d’hélico pour 50$, vues extraordinaires et sensations de voler, belles photos aussi bref ça valait le coup.

 

Retour sur le plancher des vaches, on reprend la route peu après pour aller de point de vue en point de vue, tous plus magnifiques les uns que les autres. L’un deux, le « London Bridge » a une petite histoire. Il faut que vous regardiez la photo pour voir à quoi il ressemble d’abord. Il s’avère qu’il y a encore dix ans, ce n’était pas encore une île, la terre formait une grande presque île. Donc c’est l’histoire d’un businessman qui dit à sa femme qu’il part à Sydney pour ses affaires pendant quelques jours. En fait il part sur la Great Ocean Road avec sa jeune et belle secrétaire. Ils arrivent tous les deux au London Bridge, garent la voiture et marchent jusque au bout de la presque île pour admirer la vue. C’est à ce moment précis que les centaines d’années d’érosions firent leur effet final en faisant s’écrouler en grand fracas la base de la presque île, faisant prisonnier le businessman et sa secrétaire. La télé a été plus prompte à débarquer que les sauveteurs et la femme du monsieur a eu le plaisir de voir son mari en direct et en bonne compagnie !

 

En milieu d’après midi on fait route vers les Grampians pour voir le coucher de soleil là-bas. Les Grampians sont une chaîne de montagne très anciennes. Tellement ancienne que la Terre étant encore très chaude à ce moment et que la roche a légèrement fondu après sa formation. Du coup elle a un aspect « volcanique » alors qu’il n’en est rien. Très bizarre. On monte à un point de vue pour voir le coucher de soleil mais on le rate pour 1 minute… On redescend ensuite dans un village où on passe la nuit. Encore une maison, un peu comme un bed and breakfast en fait. Enorme « Aussie Barbie », rien à voir avec la poupée, c’est un barbecue. Le barbecue est une sorte de plat national, comme il fait beau et chaud (presque) toute l’année ça n’a rien d’étonnant. Par contre ils pourraient faire un effort sur les saucisses, mais heureusement, ils ont un bœuf délicieux.

 

Le lendemain matin c’est randonnée de deux heures dans les montagnes. Pas violent je vous rassure, par contre un point de vue magnifique à l’arrivée. Je me croirai dans le Roi Lion, tout en haut du python rocheux. Trop fort.

 

Pour finir on s’arrête pour voir des chutes d’eaux. J’en profite pour prendre des photos « artistiques », sans pied s’il vous plaît !

 

On passe le reste de la journée sur la route en direction d’Adelaide qu’on atteint en milieu de soirée. C’est le moment de dire au revoir à tout le monde et d’échanger quelques adresses mail. Je téléphone ensuite à Mike Smith (le frère de Rosie pour la famille) qui passe me chercher et m’emmène chez lui. Mais ça et les 4 jours qui suivent sont une autre histoire.

 

Par Lesguillier - Publié dans : laustralieenkangourou
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Lundi 9 mai 2005

Au lendemain d’une soirée d’anniversaire bien arrosée je passe l’après-midi à la plage pour récupérer. Tout en bouquinant je pense à tout ce que je dois emporter pour mon deuxième voyage. Mon avion est à 20h et le timing risque d’être un peu short. Quelques heures plus tard je saute dans le taxi, complètement à l’arrache, comme prévu.

 

Destination : Melbourne. Capital de l’état de Victoria, grande rivale de Sydney, j’ai vraiment hâte de voir à quoi elle ressemble pour me faire ma petite opinion. En deux jours je n’aurai certainement pas le temps d’être objectif mais c’est déjà ça. A peine arrivé en ville et il y a déjà de l’ambiance (J) les supporters de l’équipe de Melbourne de footy (Aussie rules football) sortent du stade et ils sont bien chauffés à la bière. Pour info, ici les places de stade les moins chères ne sont pas celles où on voit le moins bien mais celles où la consommation d’alcool est interdite. Chacun ses priorités.

 

Parenthèse tout de même sur le football australien qui est de très loin le sport national, bien devant le rugby. Pour comprendre le principe il faut s’imaginer un mélange entre du rugby et du football sauf que vous enlevez toutes les règles. Ce qui donne une espèce de sioule. Très spectaculaire, les joueurs se sautent dessus en permanence pour attraper le ballon, tous les coups sont permis ou presque, aucune faute n’est sifflée, et à la fin de chaque match une commission se réunit pour décider si les nombreux comportements anti-sportif ayant eu lieu durant le match valent bien la peine d’être sanctionnés. Evidemment ça donne lieu à de très nombreuses polémiques que l’on retrouve dans les journaux du lendemain. D’ailleurs c’est bien simple, il n’y a pas un journal télévisé sans footy. Je compte aller voir un match la semaine prochaine pour pêcher quelques photos et illustrer tout ça.

 

Mon auberge est à côté du centre mais c’est à peu prêt tout ce qu’elle a de plaisant. Ah si, dans la salle commune il y a une groupe de backpacker qui joue au strip poker. Je suis arrivé pile au moment où une nana enlevait sa culotte. Sans commentaires.

 

Je me lève tôt le matin pour profiter de la journée, je m’équipe de mon attirail photographique et c’est parti. Je commence par le Queen Victoria Market, le plus grand marché d’Australie. Des produits frais, des fringues, des souvenirs, de l’animation. Je cherche du bon fromage français dans les nombreuses fromageries mais impossible de trouver quoi que ce soit, il y a surtout du fromage italien. Par contre ils ont un grand choix de charcuterie et d’antipasti, parfait pour un petit panier repas improvisé. Tous les produits sont magnifiques, il y a de tout : fruits, légumes, viandes, poissons, fruits de mer… C’est dommage qu’ils ne sachent pas cuisiner des bons petits plats avec tout ça.

 

Je pars ensuite vers le centre ville. Le centre de Melbourne est un grand rectangle avec un quadrillage de rues à angle droit, ce qui ne rend pas les rues très originales mais par contre il n’y a pas moyen de s’y perdre. Direction la place de la confédération en suivant la rue principale : Elizabeth Street. Un petit café au passage sous des arcades, le meilleur que j’ai bu en Australie, sans même mentionner la serveuse. La place de la confédération est le monument d’architecture moderne de Melbourne, « l’Opera House » local en quelques sorte. Personnellement je n’ai rien trouvé de majestueux à ce complexe de bâtiments. On le remarque à peine de loin et il n’y avait rien de bien spectaculaire. Je ne suis pas rentré à l’intérieur, peut-être que le meilleur s’y trouvais. Seul attraction : une webcam dont l’image était montrée sur un écran géant. C’est fabuleux de voir à quel point les gens peuvent être fier de se voir sur une image publique. Il y en a même qui sont tellement content d’eux qu’ils immortalisent ça sur leur caméra numérique à 10 000 balles (au moins 5 min de bande). A se demander si de retour à la maison il ne passe pas leur temps à se filmer devant leur miroir.

 

Je continue mon chemin sur les bords de la Yarra River qui traverse Melbourne. L’endroit est très agréable et on peut se promener à pied ou à vélo de chaque côté sans apercevoir les voitures et se poser sur les pelouses. Je me dirige vers le botanical garden en passant par le stade olympique, malheureusement il est impossible d’accéder aux stades. Au jardin botanique je prends quelques photos des oiseaux (première fois que je vois des cygnes noirs). Et je me pose sur un banc (offert par la famille Fenton) avec vue sur le lac pour finir mon comics du moment : MAUS en version originale s’il vous plaît.

 

Je rentre en ville à la tombée de la nuit en longeant la Yarra. De ce côté il y a des barbecues publics tout le long et ils sont presque tous occupés par des Australiens de tous âges sirotant de la bière. Ils ont tout l’attirail du parfait pique-niqueur. Ils sont cools ces australiens.

 

Je rentre à l’hôtel et mets mon réveil tôt, demain c’est ANZAC Day, leur 11 novembre + 8 mai à eux. Je compte avoir une bonne place pour voir le défilé.

 

Réveil matinal et direction la « Remeberance Shrine » ou finit le défilé. Je m’installe très en avance mais j’ai le bon coin, juste sous les caméras de télévision. ANZAC (Australian and New Zealand Army Corp) Day est à l’origine la commémoration d’une bataille de la première guerre mondiale. Un corps expéditionnaire composé d’australiens, de néo-zélandais sous haut commandement anglais débarque en Turquie pour ouvrir un nouveau front. Ils s’y prennent comme des manches et restent bloqués pendant 10 mois entre la mer et les tranchées turques. Les batailles sont massacre sur massacre et personne ne sait exactement ce qu’ils foutent là. Finalement ils sont évacués (le seul succès militaire de la campagne). Ils en veulent toujours pas mal aux anglais de les avoir enterrés là-bas. Néanmoins c’est la date qu’ils ont choisi pour célébrer leurs vétérans. Le défilé est très différent de celui de notre 14 juillet. Point de chars d’assauts, d’avions à réaction qui tout ça très spectaculaire. On aime ou pas mais au moins ça permet de voir ce qu’ils font de nos impôts, même si on pourrait débattre longtemps pour savoir si tout cela est bien utile. Là on voit à peine l’armée de métier, mais surtout un interminable défilé de tous les vétérans de tous les bataillons de l’armée australienne avec leur famille. Oui, ici ils défilent avec leur famille, parfois même elle défile pour eux quand ils n’ont plus la chance d’être là pour le faire eux-mêmes. Par contre il y a de bonnes fanfares de cornemuse pour mettre de l’ambiance. Je prends pas mal de clichés.

 

Je retrouve ensuite Elsa, une française que j’ai rencontré quand j’étais au backpacker. On passe le reste de la journée ensemble. Elle m’emmène à St Kilda, la plage de Melbourne. Encore une fois je suis un peu déçu, ça ne vaut pas Bondy Beach ou n’importe quel autre plage de Sydney. L’endroit est quand même agréable et on mange dans un très bon café. On se balade et tombe sur des kite-surfeurs qui ont l’air de s’éclater comme des fous. Shooting photo sur fond de couché de soleil.

 

On rentre ensuite sur le centre, elle me montre son quartier et on va prendre un verre pas loin dans une rue avec pleins de café, puis je rentre à mon hôtel et me prépare à partir pour un voyage en bus de trois jours le long de la Great Ocean Road pour rejoindre Adelaide.

 

Le moment du verdict est arrivé : Melbourne ou Sydney ? Franchement je pense que Sydney a beaucoup plus de charme, la baie tentaculaire en fait un endroit magique ou le paysage change en permanence alors que Melbourne n’offre pas de tels paysages. Melbourne est aussi plus industriel et les gens sont plus « business style » alors que Sydney grouille à toute heure du jour et de la nuit d’une population cosmopolite. Je vote donc… Sydney !

Par Lesguillier - Publié dans : laustralieenkangourou
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